Une carte mondiale interactive de la pollution de l’air

On le sait : la pollution de l’air coûte cher. Et pas seulement d’un point de vue économique : elle représente le plus gros risque sanitaire posé par l’environnement, causant plus de 3,3 millions de décès prématurés chaque année dans le monde, surtout en Asie. Et selon l’Institut allemand Max Planck, ce chiffre devrait doubler d’ici 2050.

On ne peut donc que saluer les initiatives smart qui tentent de nous faire mieux prendre conscience du problème, telles que celles de Plume Labs et Ganymède, ou encore le projet iSpex-EU. Mais il y a encore plus fort, un outil fascinant qui, littéralement, est à couper le souffle : le World Air Quality Index. Il s’agit d’une carte interactive qui affiche en temps réel le niveau de pollution dans un millier de villes à travers le globe.

La carte compile les données provenant de 8 000 stations de mesure officielles et analyse les 5 principaux polluants : particules fines, monoxyde de carbone, dioxyde de souffre, dioxyde d’azote et ozone de basse altitude. Résultat : un planisphère coloré de multiples points rouges ou verts, selon le degré de qualité de l’air mesuré. De 0 à 50, on peut respirer à plein poumons ; entre 50 et 100, on peut encore renifler sans trop rechigner ; mais au-delà de 150, mieux vaut se boucher le nez, sinon les effets néfastes des polluants se feront sentir. Sauf que ne pas respirer n’est pas vraiment une option pour les populations concernées…

Le World Air Quality Index n’est pas parfait : des continents entiers – l’Afrique et l’Amérique du Sud en particulier – sont quasiment ignorés. Mais en France, par exemple, plus d’une centaine de villes sont couvertes et le jour de notre consultation, une seule dépassait l’indice 100 : Grenoble, dont la Rocade Sud affichait un score de 112.

Mais au-delà de l’indice en temps réel, la carte offre aussi un historique de la pollution de l’air sur plusieurs jours. Ce qui nous a permis de découvrir que Paris, toute fière d’afficher ce jour-là un indice de 74, avait en fait franchi le seuil de 150 deux jours avant…

Reste que la zone la plus polluée sur la carte est sans surprise la Chine, où la plupart des mesures disponibles dépassent les seuils d’alerte. Xiangfan, ville de 6 millions d’habitants dans la province du Hubei, décrochait le pompon ce jour-là, avec un indice de… 338 : à ce stade, on ne parle plus d’air mais de purée de poisse. Enfin, il faut savoir que l’association environnementale qui a développé le World Air Quality est basée à… Beijing. Disons qu’elle ne manque pas d’air !

Pour en savoir plus : World Air Quality Index

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