Comerso, quand la logistique se met au service au don

Développer une véritable chaîne logistique du don, serait-ce possible? Cette ambitieuse question est celle que se posent chaque jour Pierre-Yves Pasquier et Rémi Gilbert, les deux co-fondateurs de Comerso, la start-up qui révolutionne la logistique du don. De la récupération de produits en grande surface à la remise clé en main à des associations d’aide alimentaire, les deux entrepreneurs ont su utiliser les dernières technologies logistiques pour faciliter les dons de denrées alimentaires, notamment de produits frais. Un système « gagnant-gagnant » qui affronte le gaspillage alimentaire avec de grandes ambitions.

Comerso, une logistique infaillible pour vaincre le gaspillage

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Comerso travaille chaque jour avec le réseau Envie pour lutter intelligemment contre le gaspillage alimentaire. (Crédits : Comerso)

Comerso se spécialise dans la gestion et la livraison de stocks de denrées alimentaires. Elle agit comme un intermédiaire efficace entre donneurs et receveurs : les grandes surfaces indiquent les invendus qu’elles souhaitent donner et Comerso se charge de récupérer les stocks, de les inventorier, de les maintenir en état de conservation le temps de le livrer à des associations sans jamais briser la chaîne de froid. Ainsi, le système permet la récupération quotidienne de quantités considérables de nourriture en suivant un protocole des plus rigoureux.  Aux détracteurs de la qualité des produits des dons alimentaires, Comerso oppose un système de gestion centralisée en temps réel dont le maître-mot est la transparence.

Fondée en 2013 par Pierre-Yves Pasquier et Rémi Gilbert, Comerso s’en remet au réseau Envie pour le transport des dons alimentaires. Envie est un réseau national qui privilégie l’insertion professionnelle. Ensemble, ils constituent une boucle logistique de qualité mise au service de l’entraide et de la solidarité. Depuis sa création, Comerso a ainsi pu récolter près de 1475 tonnes de nourriture, soit l’équivalent de 3000000 de repas. Des repas gratuits, bien entendu, puisque les associations ne paient pas les services de Comerso. L’entreprise propose ainsi aux associations de disposer de livraisons quotidiennes de denrées alimentaires avec une traçabilité infaillible. Il n’est donc pas étonnant que plusieurs grandes associations d’aide alimentaire aient déjà opté pour ses services : Secours Populaire, Banque Alimentaire et même les Restos du Coeur.

Comerso, l’entrée dans une nouvelle ère du don

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(Crédits : Comerso)

L’éclatante réussite de Comerso repose sur un système logistique des plus performants. Toutes les informations sont centralisées dans une base de données, consultable à tout moment via un tableau de bord intelligent. Cette précision explique indéniablement la multiplication des partenariats avec des magasins de grande distribution, qui peuvent ainsi donner leur stocks d’invendus en toute tranquillité. Des membres d’enseignes telles qu’Intermarché, Leclerc ou Leader Price font déjà confiance à Comerso. Quant à cette dernière, elle se rémunère sur une partie des exonérations d’impôts dont jouissent les donneurs.  D’un bout à l’autre de la chaîne, tous les acteurs s’y retrouvent, le tout avec une valeur ajoutée sociale et environnementale impressionnante.

Comerso apparaît alors comme un véritable modèle d’initiative intelligente qui combine entrepreneuriat et utilité sociale. La lutte contre le gaspillage alimentaire, défi sociétal de premier ordre, ne semble plus être un problème insoluble avec la multiplication des innovations et des services (nous vous parlions d’Optimiam et d’autres l’année dernière) qui usent des nouvelles technologies pour y remédier. Certes, les réponses apportées restent pour l’instant au niveau local. Néanmoins, l’apparition de systèmes performants voués à se généraliser, comme celui de Comerso, laisse penser qu’une meilleure gestion des invendus peut alimenter une chaîne du don plus efficace qu’elle ne l’a jamais été. Comerso a récemment réussi une levée de fonds de plus de 2 millions d’euros : espérons que ce sera la première étape vers une éradication pure et simple du gaspillage alimentaire.

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