Charles-Edouard Vincent, les défis engagés d’un révolté

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Fondateur d’Emmaüs Défi, primé « Entrepreneur social de l’année 2013 » par le Boston Consulting Group et la Fondation Schwab, diplômé de Polytechnique, des Ponts et Chaussées et de l’université de Stanford en Californie, prof à HEC… On s’arrête là ? Parce qu’on pourrait continuer longtemps comme ça : le CV de Charles-Edouard Vincent est long comme un jour sans pain.

D’ailleurs, un jour sans pain – pour ceux qui ne peuvent pas débourser assez pour se nourrir – est sans doute ce qui l’indigne le plus : il a été bénévole aux Restos du Cœur et au Samu social. « J’ai toujours été révolté face à la grande exclusion », dit-il lors d’un entretien.

Emmaüs Défi, un pari réussi pour l’Entrepreneur Social

En 2004, il est directeur chez SAP, un éditeur de logiciels, quand il rencontre Martin Hirsch, alors président d’Emmaüs France. C’est le déclic, suivi d’une année sabbatique dont il ne reviendra pas. Et pour cause : en 2007, ce Toulonnais d’origine fonde Emmaüs Défi, une association qui récupère et revend toutes sortes d’objets et de meubles et qui emploie près de 140 salariés en réinsertion, recrutés dans des centres d’hébergement d’urgence. Laboratoire d’innovations sociales, Emmaüs Défi veut permettre à chacun de retrouver sa dignité et sa place dans la société. « Le travail permet de se reconstruire : de trouver un logement mais aussi de renouer avec sa famille ou de se débarrasser de ses vieux démons comme l’alcool », explique au Parisien celui qu’on surnomme Charlie.

« Lulu dans ma rue », pour ne plus être à la rue

Son dernier défi ? Réinventer les services de conciergerie à Paris. Une grande idée qui consiste à donner des petits coups de main : livrer des courses à domicile, assurer le ménage ou le repassage, arroser les plantes pendant les vacances, monter une nouvelle étagère, promener le chien, poser un détecteur de fumée, nettoyer la voiture… Hébergé dans un kiosque place Saint-Paul à Paris, le service baptisé « Lulu dans ma rue » offre ces menues prestations bon marché (à partir de 5 € les 20 minutes) aux Parisiens qui en ont besoin : mères de famille surchargées, cadres stressés, personnes âgées… « Garantie d’un travail bien fait et légal, le service défend la création d’activité économique pour toutes les personnes compétentes qui sont aujourd’hui éloignées du monde du travail », peut-on lire sur le site de Lulu.

« Lulu valorise la création de liens à l’échelle de son quartier, explique Charles-Edouard Vincent. Il retisse des liens au quotidien entre les habitants d’une ville où il y a beaucoup de solitude et d’anonymat. » Pour Charlie, il s’agit tout simplement du credo d’une vie bien remplie.

Pour en savoir plus : Emmaüs Défi et Lulu dans ma rue

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