WeTruck, le poids lourd du covoiturage

MAJ Décembre 2016- WeTruck, l’aventure est malheureusement terminée. Encore Bravo à @Victor et @Raphaël pour leur parcours.

Si voyager dans un 30 tonnes vous a toujours fait rêver, vous allez adorer WeTruck, dernière déclinaison du covoiturage après le cobaturage et le coavionnage.

Nous on dit « chacun son truc », mais l’idée de faire un bout de chemin à côté d’un camionneur alcoolo et tatoué, cerné de posters polissons de pinups, coincé dans une cabine qui est aussi sa salle à manger et sa chambre à coucher, non merci ! Sauf que c’est justement parce qu’il s’agit là de clichés éculés sur les routiers que le concept de WeTruck peut, après tout, tenir la route.

Une innovation au niveau mondial

Lancée mi-septembre dernier, la plateforme WeTruck, qui met en relation passagers potentiels et conducteurs de camion, est une première mondiale imaginée par le rouennais Victor Clément. « Des centaines de milliers de camions sillonnent les routes et ont de la place en cabine : pourquoi ne pas en faire profiter les voyageurs que ni le train, ni le car, ni même le covoiturage classique ne satisfont pour des questions d’horaires ou de nature de trajet », explique-t-il au site Atlantico.

Même si les trajets sont plus longs et couvrent moins de destinations que dans le cas du covoiturage, le cocamionnage offre en effet quelques avantages : la possibilité de se rendre dans des endroits mal desservis et de voyager la nuit ou très tôt le matin (mais pas le dimanche, jour interdit pour les camions), tout comme l’opportunité d’emporter de volumineux bagages et de se détendre dans une cabine spacieuse.

Les tarifs, environ 5 centimes du kilomètre, se révèlent bien sûr avantageux : un trajet Rennes-Nantes, assuré tous les matins, revient à 5 euros ; un Rouen-Orléans, programmé deux fois par jour, coûte 11 euros, etc. Particularité du système : pour des questions d’assurance, c’est la société qui emploie le chauffeur qui est rémunérée, pas le routier. Pour l’instant, une douzaine d’entreprises de transport se sont engagées dans cette voie. « Elles y voient surtout le moyen d’améliorer l’image très dégradée des camions auprès du grand public, dit Victor Clément. Et elles se disent aussi que ça peut être agréable pour les chauffeurs, seuls pendant de longues heures dans leur véhicule… »

Les routiers sont sympas…

Sortir de son isolement est-il vraiment un atout gagnant pour le routier ? Le témoignage de l’un d’entre eux au Figaro semble l’attester : « De nombreux collègues sont intéressés par le cocamionnage car ils s’ennuient lors des longs trajets. J’écoute toute la journée la radio, j’ai mon petit programme… WeTruck, ça nous permet de sortir de ça et de rencontrer des gens de tous les horizons. »

Quant à la cible visée, Victor Clément est en fait étonné : « Au départ je pensais que cela intéresserait les hommes plutôt jeunes et baroudeurs, qui ont le goût du road-trip. Mais grâce à une ancienne émission de radio jadis très populaire sur RTL – Les routiers sont sympas –, beaucoup de gens plus âgés ont aussi une image très positive des chauffeurs de poids lourds. »

Pour en savoir plus : WeTruck

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