Waze-Lille Métropole, mariage new age

Non, ce n’est pas de la science-fiction. Waze et Lille Métropole ont récemment conclu un partenariat quant à l’échange de données de trafic. Le GPS collaboratif n°1 a accepté d’échanger une partie de ses données avec les services municipaux de l’EuroMétropole : une sorte de chassé-croisé qui pourrait permettre l’optimisation du travail des services de la ville tout comme l’acuité du GPS.

Waze-Lille, et temps réel devient le maître-mot

Tout commence par l’entremise d’OpenDataSoft, une entreprise française qui travaille à la structuration des bases de données publiques et privées. Quand le champion français de l’opendata a tissé un partenariat avec le géant israélien Waze (récemment racheté par Google), la métropole des Hauts-de-France (qui s’est attaché les services d’OpenDataSoft en 2016) a été l’une des premières villes françaises à se lancer dans l’aventure de l’utilisation des données pour optimiser l’action de ses différents services (police, pompiers, services de la voirie, etc.).

Le GPS Waze tire en effet son extrême précision et sa capacité à ajuster ses trajets en temps réel des millions d’utilisateurs qui signalent tous les désagréments sur leur trajet à chaque instant, accidents, embouteillages et autres. Or, cette richesse d’informations sur l’environnement pourrait permettre aux différents services municipaux d’une ville d’améliorer leurs interventions en repérant plus facilement et plus rapidement tous les problèmes éventuels. Les pompiers et les urgences pourraient par exemple suivre les alertes sur le GPS pour intervenir plus rapidement.

Une transmission à sens unique? Certainement pas. Le GPS pourrait aussi croiser les données de trafic dont il dispose avec l’ensemble du système municipal de surveillance, de quoi vérifier rapidement si les incidents et les événements relayés par les utilisateurs sont bien véridiques ou toujours d’actualité. La ville s’est également engagée à lui transmettre toutes les informations pertinentes,  des travaux de voirie à venir au trajet des bennes à ordures. De quoi faire gagner quelques précieuses minutes aux wazers lillois.

 

 

Vers des services publics nouvelle génération

Pour l’instant, le partenariat reste limité car Waze se montre assez restrictif sur le partage de ses données de trafic : elles doivent rester dans les mains de l’Eurométropole et de ses services municipaux, sans devenir publiques. On en est pas encore à de l’open data véritable… mais il y a du progrès. Si l’expérimentation lilloise s’avérait fructueuse, il semble évident que ce type de partenariats pourraient se diffuser très rapidement de par le monde au gré de l’implantation des wazers.

Car le GPS ne s’en tient pas à la seule ville de Lille pour tester ce projet : Waze est engagé dans des opérations similaires dans d’autres endroits du monde, comme à Rio de Janeiro ou à Budapest, et même ailleurs en France puisqu’un partenariat a récemment été conclu avec l’agglomération de Versailles.

Ces projets d’ampleur montrent une évolution de la prise en compte des enjeux des données de transport par les municipalités: plutôt que de chercher à développer des systèmes publics de remontée d’informations, il est bien plus efficace de s’en remettre à la coopération avec les canaux existants (dont le plus éminent est bien évidemment Waze)  pour entrer dans un échange gagnant-gagnant. . Force est de constater que les municipalités semblent de plus en plus enclines à relever les défis modernes, et à jouer le jeu avec le privé pour assurer leur mission d’intérêt général.

 

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