Covoiturage : un radar pour s’y mettre dare-dare

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Jougne, dans le Doubs, est un petit village qui jouxte le canton de Vaud, en Suisse. Un havre de tranquillité avec vue imprenable sur des monts enneigés pour ses 1 500 habitants ?

Pas vraiment, car le village est aussi le site du poste frontière de la Nationale 57, avec un flux quotidien de 12 000 véhicules transfrontaliers, dont un pic de 3 000 voitures entre 6 et 8 heures du matin. Bouchons monstres, flots d’insultes, coups de klaxons… on est loin de la zénitude d’une vache suisse !

Or ce trafic, comme partout ailleurs, est majoritairement constitué de véhicules qui ne transportent qu’une seule personne : un décompte visuel, quelque peu artisanal, effectué par la municipalité en 2013 montrait un taux moyen de remplissage de 1,2 personne en moyenne.

« Si nous parvenions à passer à un taux moyen de 1,8 personne par véhicule, il n’y aurait pratiquement plus de bouchons », explique Hervé Fagard, de la Direction régionale l’environnement, de l’aménagement et du logement, dans un entretien à L’Est Républicain.

Compter les passagers ? L’infrarouge à la rescousse !

D’où l’expérience high-tech – une première en Europe – lancée ce mois-ci à Jougne : un « radar » spécial, composé de caméras capturant des images dans le spectre de l’infrarouge, a été installé au bord de la Nationale 57, à la hauteur du poste frontière, dans le but de comptabiliser précisément le nombre d’occupants de chaque véhicule. L’idée étant que si un tel dispositif fonctionne de façon fiable, il est alors possible d’envisager une « voie express » réservée au covoiturage, pour les véhicules comptant 2 personnes ou plus.

De telles voies réservées ont déjà été expérimentées, en particulier aux Etats-Unis. Mais selon un article du Monde, « des petits malins avaient installé un mannequin sur le siège avant », ce qui leur permettait d’emprunter les voies prioritaires sans être détectés par les forces de l’ordre ! Une astuce qui se révèle inefficace contre un radar à infrarouge, capable de faire la différence entre mannequin et vrai humain.

Pas de voie dédiée au covoiturage sans contrôle efficace

« Toutes les agglomérations sont concernées par des problèmes de circulation aux heures de pointe, explique Hervé Poirier, de la société Xerox (qui a conçu et installé le dispositif à Jougne), à L’Est Républicain. Il y a beaucoup de projets de voies dédiées aux véhicules qui pratiquent le covoiturage. Mais pour le moment, les collectivités sont coincées. Il faut un dispositif de contrôle automatique, sans quoi ces voies pourraient être utilisées par tout le monde. »

Un dispositif qui encourage le covoiturage ? Selon nous, il n’y a rien de plus smart, d’autant que l’intérêt du système ne s’arrête pas là : il pourrait aussi être utilisé, par exemple, pour tarifer les péages en fonction du nombre de passagers. Une idée qui a de l’avenir…

Pour en savoir plus : Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement

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