Faciligo : le droit à la mobilité pour tous

Parmi les acteurs de la smart mobilité, peu sont ceux à pouvoir se vanter d’avoir un aussi bel esprit d’entraide que Faciligo. Cette start-up montpelliéraine lance actuellement un réseau social d’un nouveau genre. Son objectif : mettre en relation les personnes qui connaissent des problèmes de mobilité (comme les séniors, les personnes avec un handicap, etc.) avec une communauté d’accompagnants volontaires. Une utopie ? Pas du tout ! Faciligo espère pouvoir faciliter l’accès aux transports à toutes les personnes qui en sont normalement exclues. Un véritable élan de sympathie qui a su séduire l’équipe de OuiHop’.

Une réponse à un véritable besoin de mobilité

Faciligo est né d’un constat très simple : beaucoup de personnes qui ont des problèmes pour se déplacer aimeraient être plus autonomes et pouvoir se passer des services des accompagnants spécialisés. Hind Emad et Moussa Bouasba, les fondateurs de Faciligo, expliquent s’être renseignés sur les solutions de mobilité existantes : mis à part quelques services très onéreux, rien de tel n’était prévu pour aider les personnes en difficulté.

Ainsi, suivant la tendance des nouveaux modes de déplacement, le covoiturage et Blablacar en tête, les cofondateurs ont eu l’idée d’un réseau social qui pourrait mettre en relation les personnes souhaitant faire une bonne action avec celles qui ont besoin d’aide. Ce système d’entraide a pour avantage de ne connaître aucune limite : il s’applique aux trajets en ville comme aux trajets sur de longues distances.

Les membres de l'équipe de Faciligo (Crédits : Faciligo)
Les membres de l’équipe Faciligo (Crédits : Faciligo)

L’entraide en toute simplicité

La plateforme Faciligo a un fonctionnement des plus simples. Il se décline sur deux supports complémentaires : un site internet et une application mobile. En accédant à la plateforme, les personnes désireuses de se déplacer peuvent prendre contact et organiser un rendez-vous avec un GoHelper, un volontaire qui souhaite aider.

Les utilisateurs payent ce service 2 euros 50 pour les petits trajets urbains (un euro est versé à Faciligo et 1 euro 50 revient au GoHelper).  Quand un GoHelper a réalisé dix trajets, Faciligo lui propose de récupérer sa cagnotte (quinze euros) ou d’en faire don à l’association de son choix. Pour les trajets plus longs (en train ou en avion par exemple), les utilisateurs Faciligo prennent en charge une part du trajet de leur GoHelper. Pour un Paris-Montpellier en train par exemple, le GoHelper voit son trajet financé à hauteur de trente euros environ.

(Crédits : Faciligo)
(Crédits : Faciligo)

Un accompagnement qui ne laisse rien au hasard

Un système de commentaires permet aux utilisateurs et aux GoHelpers de faire un retour sur leur expérience Faciligo. Tous les usagers de la plateforme peuvent ainsi consulter les profils des autres membres de la communauté. La plateforme fonctionne grâce à un algorithme élaboré qui cherche à associer des profils compatibles. En ce sens, elle fonctionne comme un véritable réseau social. Néanmoins, Faciligo ne contraint nullement le choix, ni des utilisateurs, ni des GoHelpers : l’algorithme sert essentiellement à faire des suggestions. Car pour les personnes qui ont besoin d’un accompagnateur qualifié, il est indispensable qu’elles puissent trouver la personne compétente.

L’offre Faciligo a ainsi été adaptée aux différents besoins des personnes concernées. En plus des deux comptes classiques, celui des personnes demandeuses et celui des GoHelpers, une troisième catégorie existe : le tuteur de mobilité. Une offre spéciale développée pour les personnes qui ne sont pas familières avec les nouvelles technologies (internet et smartphones) : un tiers en lien avec la personne gère son compte Faciligo, une solution qui se trouve particulièrement adaptée aux usagers les plus âgés.

Faciligo est né d'un constat frappant sur les difficultés que peuvent recontrer certaines personnes pour se déplacer. (Crédits : Faciligo)
Faciligo est né d’un constat frappant sur les difficultés que peuvent rencontrer certaines personnes pour se déplacer. (Crédits : Faciligo)

Un service à mettre en place partout

Le lancement de Faciligo suit une expérimentation menée en coopération avec la ville de Montpellier pendant plusieurs mois : une centaine de bénévoles ont testé le système et ont permis d’établir qu’il convenait tant aux accompagnés qu’aux GoHelpers. La start-up devrait lancer son site internet et son application dans le courant du mois d’avril.

Faciligo a déjà été reçu avec un réel enthousiasme. Les fondateurs espèrent ainsi que leur service sera bientôt disponible partout en France, voire à l’étranger, et sur tous les modes de transport : des transports urbains aux avions longs courriers. Faciligo dispose déjà d’un partenariat avec la SNCF et d’autres sont encore en négociations. Pour les fondateurs, il s’agit avant tout de mettre en avant l’initiative auprès des usagers des transports: les mettre au courant de l’existence du service Faciligo.

Faciligo, un service pour les courtes et les longues distances. (Crédits : Faciligo)
Faciligo, un service pour les courtes et les longues distances. (Crédits : Faciligo)

La future référence pour les personnes à la mobilité limitée

Nombreuses sont les personnes séduites par ce nouveau projet qui mêle rencontres et entraide. En permettant l’expression de nouvelles solidarités, Faciligo espère offrir un service efficient qui pourrait devenir une future référence des transports.  En effet, l’expérience Faciligo pourrait vite devenir incontournable pour les personnes qui ont des difficultés à se déplacer: une occasion pour elle de gagner en autonomie sans se reposer sur leur entourage ou sur les structures spécialisées. Le lancement du service a toute les chances de rencontrer le succès escompté.  Les précédentes expérimentations encouragent à être optimiste. Reste simplement à savoir comment sera accueilli le service à grande échelle. Réponse dans les prochains mois.

Pour en savoir plus : Faciligo

1 Commentaire

  1. vos idées sont formidables mais il manque la définition et la description précises des services imaginés
    par exemple pour les PMR dont je suis (j’ai 69 ans), comment faire appel à un volontaire pour m’aider à me déplacer dans Paris ?
    sinon , les gens de ma condition continueront à utiliser Uber
    d’ailleurs que pensez vous d’Uber et de l’emploi des chauffeurs jeunes sans trop de couverture sociale ?
    merci de votre réponse
    bravo pour vos idées; continuez !

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