2016, l’année des navettes autonomes?

Véhicules assistés par ordinateur, autonomes ou intelligents… ils sont nombreux à nous être présentés comme les transports du futur. Et si c’était déjà une réalité ? Plusieurs expériences de navettes autonomes sont actuellement en cours en Europe. Ces véhicules intelligents sont pour le moment cantonnés à des sites fermés: aéroport, technopôle, campus universitaire, zone portuaire, etc. En effet, les réglementations nationales n’autorisent pas encore l’utilisation de navettes autonomes en voirie.

Pourtant, l’objectif à terme est bien clair : faire des navettes autonomes un objet de notre quotidien.

Navettes autonomes ?

Les navettes autonomes sont des véhicules totalement électriques, pilotés par satellite et capables de recueillir des informations en temps réel. Munies de nombreux capteurs de dernière génération, leur navigation est millimétrée et elles anticipent n’importe quel obstacle de jour comme de nuit. Les navettes permettent ainsi de transporter une dizaine de personnes à une vitesse moyenne de 20km/h. Une solution qui s’envisage le plus souvent en complément des transports pour les zones urbaines denses. Mais pas que.

 

Des navettes qui suscitent beaucoup d’intérêt

Les navettes autonomes suscitent l’intérêt de beaucoup de villes et d’entreprises. Au moins cinq expériences ont été réalisées en Europe au cours de l’année 2015, notamment avec le projet européen CityMobil2 qui promeut les transports sans conducteur. Aujourd’hui, le nombre de projets en cours augmente sans cesse. Les navettes autonomes sont envisagées comme solution pour des sites fermés car leur utilisation dans le domaine public reste contrainte par le contexte juridique européen. Mais pour combien de temps? Est-ce que 2016 sera l’année des navettes autonomes?

En attendant la réponse, OuiHop’ vous propose de découvrir trois utilisations possibles des navettes autonomes.

Sion : les rues piétonnes

Crédits: CarPostal.ch

Le groupe CarPostal Suisse a présenté en décembre dernier les deux navettes autonomes qui seront testées à Sion, en Suisse, début 2016. Il s’agit de la deuxième expérimentation de ce type de véhicule en Suisse après celle de Lausanne.

Les navettes autonomes du constructeur français Navya sont la solution privilégiée par la commune pour développer un réseau de transports de courte distance dans les zones piétonnes du centre-ville:  le programme « SmartShuttle ».

L’expérience se fait en partenariat avec le Mobility Lab Sion Valais et la ville de Sion. D’abord testées sur site fermé, les navettes autonomes pourraient bien rejoindre les rues du centre historique dans les prochains mois. En attendant, une équipe de chercheurs est chargée de peaufiner les derniers réglages. Des trajets sûrs, propres et silencieux, tel semble être le futur des zones piétonnes de Sion. Si les derniers verrous juridiques sautent.

Sophia Antipolis : la technopole

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Les Français ne sont pas en reste. La firme toulousaine EasyMile conduit une expérimentation au sein de la technopole de Sophia Antipolis près de Nice, depuis le mois de janvier. Après une brève expérience à La Rochelle, Easymile a développé un partenariat avec la technopole varoise.

Les navettes autonomes EZ-10 ont pour but de venir compléter le réseau de transport existant : une ligne bus-tram doit ouvrir en 2017 entre Sophia Antipolis et Antibes et les navettes autonomes seraient le moyen pour desservir l’ensemble de la technopole depuis les stations de tram. Une solution pratique et propre pour le dernier kilomètre.

EasyMile a déjà mené plusieurs expérimentations dans d’autres villes d’Europe: en Grèce, en Suisse, en Finlande, etc. Avec la multiplication des villes partenaires, il semble que les navettes autonomes gagnent progressivement en crédibilité: elles deviennent une option envisageable pour les courts trajets urbains.  Pour cela, EasyMile doit pourtant suivre de près les évolutions du droit français et européens: les navettes peuvent déjà circuler sur voie dédiée mais pas sur la voie publique. Selon l’entreprise, cela devrait être envisageable d’ici 2020.

Wageningue: le smart campus

CaptureBloombergWageningenBlog2

Souvent étendus, avec de nombreux bâtiments, les campus universitaires sont très demandeurs de mobilité innovantes. Les navettes autonomes y trouvent donc un terrain d’expérimentation de choix. Ainsi, l’université de Wageningue aux Pays-Bas a lancé deux navettes sur son campus à la fin du mois de janvier en partenariat avec EasyMile.

L’expérience rassemble également des laboratoires de recherche et différentes entreprises néerlandaise du secteur. L’objectif de l’expérience est de faciliter les déplacements sur le site de l’université. Les étudiants ont accès aux navettes grâce à leur smartphone et peuvent ainsi éviter d’avoir à marcher trop longtemps. Il ne s’agit encore que d’un projet expérimental mais les responsables espèrent que les résultats seront concluants. Ils pourraient ainsi se répandre sur les différents campus partout en Europe. Une fois la question juridique résolue. Encore et toujours.

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