VRAC : acheter groupé pour retrouver le choix

C’est en février 2014 que Boris Tavernier fonde l’association V.R.A.C. (Vers un Réseau d’achat en commun). Bien inséré dans le réseau des circuits courts par le bar lyonnais qu’il possédait, il a décidé de pousser encore plus loin l’expérience en ouvrant à tous l’accès aux produits locaux de qualité. Pour y parvenir, il a imaginé un réseau d’achats groupés, une manière toute simple de faire baisser les prix des produits trop souvent considérés comme inaccessibles par les familles avec des revenus modérés. Un beau moyen pour redonner la possibilité de choisir dans sa consommation.

VRAC, une histoire de rencontres

Le projet VRAC est avant tout une histoire de rencontres. Fort de son expérience dans la restauration, Boris Tavernier disposait déjà d’un solide ancrage dans le réseau des circuits courts lyonnais. Pourtant, cette situation le frustrait car les gens qui bénéficient des produits locaux sont en général déjà sensibilisés aux attraits des circuits courts. Une situation injuste, qui l’a poussé à imaginer des alternatives pour donner accès à tous à ces produits de qualité.

Boris Tavernier, fondateur de VRAC, a été primé début 2016 pour la meilleure innovation sociale du concours "S'engager pour les quartiers" (Crédits : Est Métropole Habitat)
Boris Tavernier, fondateur de VRAC, a été primé début 2016 pour la meilleure innovation sociale du concours « S’engager pour les quartiers » (Crédits : Est Métropole Habitat)

Le basculement ? Une rencontre avec le bailleur social EST Lyon Métropole puis avec la Fondation Abbé Pierre à la fin de l’année 2013, très intéressés par sa démarche. Le bailleur social et la fondation décident alors de contribuer à son initiative, en s’impliquant et en l’aidant à trouver les moyens matériels et humains pour bien fonctionner.

Lancé seul avec VRAC début 2014, Boris Tavernier explique que les prémices de l’initiative étaient dans la prise de contact. Étranger aux quartiers qu’il ciblait, il y a passé près de six mois pour les découvrir et se familiariser avec les habitants. Par cette démarche, il  a pu intégrer la vie collective mais aussi et surtout désamorcer la méfiance que son projet suscitait.  Il avoue avoir dû combattre l’idée bien ancrée dans les mentalités que ces produits « ne sont pas pour nous » quand on a un faible revenu. Et il y parvient peu à peu.

Un mot d’ordre : « redonner le choix »

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Le partage des produits par des membres de l’association. Ici, du liquide vaisselle. (Crédits : Le Journal de l’Eco)

Boris Tavernier explique sa démarche très simplement : « Quand on a pas beaucoup d’argent et qu’on fait ses courses, on va tout de suite vers les produits les moins chers parce qu’on a pas le choix. Avec VRAC, l’idée c’est qu’on peut redonner le choix aux gens. » Par un achat de gros volumes auprès du producteur directement, il est possible d’obtenir des produits à des prix défiants toute concurrence.

Grâce à un important travail de prospection et aux ententes avec des producteurs locaux, l’association VRAC est en mesure de proposer une quarantaine de produits de qualité par mois à des prix souvent analogues voire inférieurs à ceux des grandes surfaces.

Par exemple, VRAC est en mesure de proposer:

  • de l’huile d’olive première pression à 5 euros 60 le litre (soit un euro moins cher en moyenne que de le litre d’huile d’olive en magasin),
  • du beurre à moins d’1 euro 30 la plaquette,
  • des jus de fruits locaux à 1 euro 75 le litre,
  • des produits d’hygiène à 1 euro 60 (alors que les mêmes produits sont vendus près de 5 euros dans les supermarchés bio).

Loin d’être exhaustive, cette liste révèle tout de même que VRAC permet de modifier le rapport entre qualité et prix, pour ne plus sacrifier l’un à l’autre.

Le dynamisme d’une mobilisation locale

Le quartier du Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin, l'un des premiers à avoir adopté VRAC (Crédits : V.R.A.C.)
Le quartier du Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin, l’un des premiers à avoir adopté VRAC (Crédits : V.R.A.C.)

L’association compte plus de 700 adhérents à l’heure actuelle. Pour profiter de VRAC, il suffit d’adhérer à l’association à l’année (l’adhésion coûte un euro). Les ménages ont ensuite accès à un bon de commande mensuel qu’ils remplissent selon leurs besoins. Des permanences et des distributions sont organisées dans chaque quartier et animées par des bénévoles. Tout le monde est invité à venir participer pour la réception des commandes, partager les volumes et les répartir entre les adhérents.

Déjà présente dans plusieurs villes de la banlieue lyonnaise (Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, Décines, Vénissieux), VRAC gagne progressivement de nouveaux quartiers et de nouveaux adhérents. Boris Tavernier espère voir les groupes d’habitants s’emparer du projet pour pouvoir rester plus en retrait et se consacrer pleinement au développement de l’activité. Tout reste encore à faire mais nul doute qu’ils sont nombreux, ceux qui se dirigent vers un réseau d’achat en commun sur les conseils de Boris.

 

Pour en savoir plus : V.R.A.C.

 

 

1 Commentaire

  1. Hello,

    Si vous souhaitez vous regrouper facilement avec des personnes de votre quartier pour vos courses, vous pourriez être intéressé par un outil. Avec mon équipe on a lancé RowShare sur lequel vous pouvez utiliser un tableau pré conçu pour vous organiser facilement. C’est plus sympa à utiliser que Google Sheets. J’ai écrit un article qui explique tout en détail :
    https://www.rowshare.com/blog/fr/2016/06/30/Regroupez-vous-pour-vos-courses

    Libre à vous de l’essayer ! (C’est gratuit évidemment)
    N’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de renseignement ou autre.
    Je suis à votre disposition, et preneuse d’avis ou de remarque

    Bonne journée,
    Chloé.

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