Vivre à 30 à l’heure : Grenoble accélère sur la limitation de vitesse

Si Paris n’est pas peu fière d’avoir voté en mai dernier la limitation à 30 km/h d’une partie de ses artères, il va falloir qu’elle accélère !

Elle vient en effet de se faire doubler dans la course à la réduction de la vitesse urbaine par Grenoble, où 43 maires de l’agglomération d’Isère viennent d’annoncer la généralisation de la limitation à 30 km/h sur les routes de leurs communes dès le 1er janvier 2016. L’initiative, grande première en France pour une telle métropole, concernera environ 80 % des voies grenobloises contre seulement 25 % aujourd’hui (et 30 % à Paris).

« La logique, c’est d’inverser la logique : dans nos villes et nos villages, la vitesse sera limitée à 30 km/h et, par exception, certains axes seront à 50 km/h, explique Yann Mongaburu, vice-président de la métropole en charge des déplacements. Cela va modifier les comportements : quand on roule à 50 km/h, on a des accélérations, des décélérations et des chocs beaucoup plus brutaux. Il s’agit de dire que nos voies sont partagées entre tous les usagers, y compris les piétons. »

Moins de rapidité, plus de santé et de sécurité

Conséquence directe de la loi sur la transition énergétique adoptée en juillet dernier, qui permet aux maires de fixer une vitesse maximale inférieure à la limite officielle, l’initiative grenobloise – qui est déjà appliquée à grande échelle aux Pays-Bas et en Allemagne et dans quelques villes plus modestes en France telles que Lorient, Sceaux ou La Roche-sur-Yon – ne fait bien sûr pas l’unanimité : il s’agit pour certains d’une « fausse bonne idée ».

Mais soulignons ses bienfaits, à priori : tout d’abord, améliorer la sécurité, puisque le nombre d’accidents et leur gravité devraient s’en trouver limités. Il faut savoir en effet que la distance d’arrêt d’un véhicule (temps de réaction du conducteur plus temps de freinage) varie du tout au tout selon la vitesse : d’environ 13 mètres à 30 km/h, elle passe à 29 mètres à 50 km/h ! Conséquence : un piéton a 95 % de chances de survie lors d’un choc à 30 km/h, contre 53 % à 50 km/h et seulement 20 % à 60 km/h, selon l’association Prévention routière.

Autres bénéfices de la mesure : encourager la marche et le vélo, sécuriser le parcours des enfants qui se rendent à l’école à pied, faciliter les déplacements des personnes âgées, diminuer le bruit et la consommation de carburant, et enfin réduire la pollution de l’air. « Nous allons construire une ville respirable », conclut le maire de Grenoble Éric Piolle. Et qui ne trouve pas cela smart ?

Pour en savoir plus : Ouest-France

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