Retour sur la soirée « Paris Durable, Paris Cyclable»

OuiHop’ était le mercredi 17 février à la Maison des acteurs du Paris Durable pour la soirée « Paris Durable, Paris Cyclable », organisée par l’association Paris en Selle et l’association des acteurs du Paris durable. Entre pratique et projections, les intervenants ont tenté d’esquisser ce que serait le futur du vélo dans Paris et sa banlieue : une option à privilégier impérativement pour les trajets individuels de moins de cinq kilomètres.

Le vélo à Paris: la nouvelle vague

Depuis le milieu des années 1990, le nombre de trajets effectués à vélo dans la capitale ne cesse d’augmenter. D’après Julien Demade, chercheur au CNRS, la croissance du trafic cycliste serait de près de 13% par an depuis une quinzaine d’années. Loin de constater un ralentissement de cette tendance, la multiplication des infrastructures cyclables et la bonne couverture du réseau Vélib viennent consolider cette évolution.  Aujourd’hui, pas moins de quatre millions de trajets sont réalisés à vélo dans Paris chaque année.

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Les intervenants de la rencontre (de gauche à droite): Charles Maguin (Paris en Selle), Julien Chemade (CNRS), Isabelle Lesens (Isabelle et le Vélo) (Crédits: Paris en Selle)

Alors que la circulation en voiture individuelle est de plus en plus marginalisée par l’urbanisme et que les transports en commun sont déjà saturés, le vélo apparaît comme la solution simple, économique et écologique aux problèmes de transports métropolitains. Des réflexions sont actuellement en cours, menées conjointement par les administrations publiques, la Mairie de Paris pour l’essentiel, et les acteurs importants du cyclable (les start-up, les associations et les réseaux qui défendent des visions novatrices du vélo en ville).

Paris en Selle : le vélo à Paris et en banlieue

Paris en Selle est une association de cyclistes motivés qui déploie de nombreuses actions pour mettre le vélo en avant à Paris. Ces amoureux du vélo imaginent une ville moins polluée et plus sûre pour la conduite à bicyclette.

Paris en selle s’inscrit dans un réseau plus large d’associations de citoyens militants qui veulent construire ensemble le futur de la métropole parisienne. En présentant plusieurs projets pour le budget participatif de la ville de Paris en 2016, l’association espère pouvoir aider toutes les initiatives cherchant à faciliter la vie des cyclistes.

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La pompe à vélo en libre-service, une initiative défendue par Paris en Selle (Crédits: Paris en Selle)

Paris Cyclable : les projets de la Mairie de Paris

Alain Boulanger, responsable de la Direction de la Voirie et des déplacement à la mairie de Paris, était l’un des intervenants de la rencontre. Il a expliqué l’évolution de la politique municipale vis-à-vis du vélo. Si des améliorations sont indéniables depuis des décennies, la véritable prise de conscience politique du vélo est venue au début des années 2000. Avec l’arrivée du Vélib en 2001, le nombre de cyclistes avait augmenté de moitié en moins de deux ans. Aussi, depuis le début de la mandature d’Anne Hidalgo, les montants alloués pour le développement des modes de transports alternatifs (vélo, marche, etc.) ont augmenté de manière conséquente.

La carte des axes cyclables et le futur vélo boulevard (Crédits: Mairie de Paris)
La carte des axes cyclables et du Plan Vélo de la Mairie de Paris ainsi que le projet de vélo boulevard proposé par Paris en Selle (Crédits: Paris en Selle)

Si le budget annuel alloué au vélo est de 30 millions d’euros aujourd’hui (en net progrès par rapport aux précédentes mandatures), les initiatives pour le promouvoir ne se résument pas à la seule construction de nouveaux axes cyclables. Voici les principales pistes explorées par la Mairie pour développer l’usage du vélo en ville:

  • la multiplication des zones limitées à 30km/h dans différents quartiers induit également de nouveaux axes à double-sens cyclable (les zones 30 sont légalement des zones à double-sens pour les vélos);
  • l’élargissement des pistes cyclables pour une circulation à vélo plus confortable et moins dangereuse;
  • définir un Réseau Express Vélo (REVE) sur les bords de Seine qui permettra de traverser la ville d’Est en Ouest rapidement et en sécurité;
  • construire des stationnements sécurisés pour les vélos à proximité des gares (le premier parking vélo a été inauguré avec la nouvelle gare de RER Rosa Parks et d’autres devraient suivre prochainement) et au cœur des différents quartiers.

Ces objectifs à l’horizon 2020 s’intègrent dans une réflexion plus vaste sur le futur système de transport métropolitain. Un système dont le vélo ne peut être l’unique élément mais qui doit s’appuyer sur une répartition équilibrée entre les différents modes: transports en commun, véhicules individuels, marche… et autostop connecté?

Le vélo, futur transport individuel urbain dominant ?

Malgré les contraintes actuelles, le vélo reste une solution de mobilité importante pour le futur. En effet, il pourrait être substituable à de nombreux trajets en transports en communs ou en deux-roues motorisés. Malgré des progrès indéniables, le chemin à faire reste énorme pour que Paris rattrape son retard sur d’autres villes européennes: 4% des trajets parisiens se font à vélo alors qu’on parle de 12 % à Strasbourg ou Berlin et de 44 % à Amsterdam.

Une précision est nécessaire ici. Ces initiatives qui tendent à réduire le trafic dans les rues parisiennes ne visent pas une éradication totale des voitures dans l’Ile-de-France. Non, elles soulignent pour autant le besoin de faire un usage plus responsable de la voiture et d’en finir avec les habitudes absurdes et passéistes : des files de voitures avec un seul automobiliste à leur bord par exemple. Alors pourquoi ne pas penser à l’autostop connecté pour y remédier?  Il s’agit vraisemblablement de l’une des clés des transports franciliens de demain qui, conjointement avec le vélo, devrait redonner à tous le plaisir de se déplacer à Paris.

 

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