Ornikar, une nouvelle ligne de conduite pour l’auto-école

Quel est l’examen le plus passé en France chaque année ? Si vous avez répondu « le bac », c’est raté : il s’agit du permis de conduire !

Plus de 1,3 million de candidats, dont 80 % de jeunes âgés de 18 à 25 ans, se sont présentés à cet examen l’an dernier, et seulement 55 % d’entre eux ont obtenu le précieux sésame du premier coup. Vu ces chiffres, on pourrait penser que les auto-écoles n’ont pas de souci à se faire. C’est pourtant tout le contraire.

D’une part, les jeunes urbains semblent penser que la voiture n’est plus une nécessité : ils se tournent vers d’autres modes de déplacement – vélo, transports en commun, covoiturage, etc. – et le permis ne les fait plus rêver. Le taux de détention du « papier rose » est passé de 76 % en 1992 à 73 % en 2012, avec une baisse importante chez les 18-20 ans, selon le cabinet KPMG.

D’autre part, les auto-écoles traditionnelles, déjà critiquées pour les prix pratiqués – 50 euros l’heure de cours en moyenne, soit 1 600 euros le permis – font désormais face à une nouvelle concurrence : des plateformes en ligne qui mettent en relation moniteurs indépendants diplômés d’État et apprentis conducteurs. Plusieurs d’entre elles ont démarré mollement ces dernières années, dont PermiGo ou Lepermislibre, mais la plus ambitieuse, Ornikar, a mis le pied sur le champignon en lançant son service de conduite le 1er septembre à Nantes et compte embrayer rapidement sur le reste du territoire.

Soutenue financièrement par des pointures de l’économie numérique, dont Xavier Niel, Marc Simoncini et Jacques-Antoine Granjon, la startup Ornikar avait commencé l’an dernier à dispenser des cours de code en ligne mais s’était heurtée à la fronde des syndicats du secteur, qui l’ont attaqué en justice pour exercice illégal de l’enseignement de la conduite. En effet, Ornikar n’avait pas obtenu – et attend toujours – son agrément préfectoral en tant qu’école de conduite. Mais elle a trouvé la parade : « Le dispositif peut voir le jour grâce à la loi Macron, explique Alexandre Chartier, cofondateur d’Ornikar, au journal 20 minutes. Nous mettons en lien les candidats avec des enseignants indépendants, qui proposent leur propre véhicule à double-commande à la location. » Ainsi l’argent provient uniquement de la location du véhicule et pas des leçons de conduite, ce qui serait illégal. Une fois prêt, l’élève se présente en candidat libre.

Un business model smart qui permet à Ornikar de casser les prix : le cours de conduite est à 35 euros de l’heure, avec un possible permis en poche pour 700 euros seulement.

Pour en savoir plus : Ornikar

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